Ils arrivent du bout du monde. Ils sont marins et naviguent sur toutes les mers du globe, au gré des escales décidées par les armateurs. Certains sont traités correctement. La majorité est exploitée, car le transport maritime international est un chaos social, l’expression d’une opacité organisée, rendue plus vive encore par les pavillons de complaisance.
Patrice Terraz a rencontré ces marins en détresse, sous-payés, parfois même impayés. Ils ont embarqué à bord de l’Atalanti, du Zaccar, du Fenix ou du tristement célèbre Florenz, cargo panaméen, abandonné par son armateur dans le port de Sète. A bord, 22 marins grecs, croates, géorgiens, camerounais, ghanéens, qui ont attendu un an et trois mois que le Florenz soit vendu aux enchères pour récupérer leurs salaires. Pour ces marins échoués à quai, le temps s’est arrêté.
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